Olympe Minvielle

Entretien avec Olympe Minvielle, co-réalisatrice du film


Pourquoi le film L’ESPRIT DU VIN – Le réveil des terroirs ?

Tout commence par un certain nombre de constats. Tout d’abord, nous constatons que la biodynamie n’est pas vraiment connue en France et, surtout, qu’elle n’est pas bien comprise.
À cela, s’ajoute le constat étonnant et positif de l’immense richesse des savoirs et pratiques des vignerons en biodynamie. Très souvent, les conventionnels et autres personnes « incultes » sur ces questions ridiculisent les pratiques des vignerons en biodynamie. Tout cela me paraissait fort regrettable.

Lorsque j’ai vu Mondovino de Jonathan Nossiter, j’ai pensé qu’il était souhaitable de faire quelque chose de comparable sur la biodynamie. Dans son film, Jonathan Nossiter s’est efforcé de démontrer qu’il existe une opposition forte entre les vins industriels et les vins « artistes », entre les vins de ceux qui veulent faire parler les cépages et surtout le porte-monnaie et les vins de ceux qui veulent exprimer le lieu. Alors pourquoi ne pas produire un film sur la biodynamie où l’on montrerait que les pratiques des vignerons sont différentes de celles des vignerons conventionnels, qu’elles sont importantes pour la qualité du produit, pour la santé des hommes, etc. ?

À ces premiers constats s’ajoutent comme toujours des faits de hasard, notamment un voyage à Louxor, en Egypte. J’ai eu l’occasion de visiter une tombe là-bas, dite « tombe des artisans », dans laquelle j’ai pu admirer de magnifiques peintures représentant le process de la vigne tel que nous le pratiquons encore. J’ai alors pensé qu’il existe une sorte de stabilité des process, au sens du travail d’accompagnement de la vigne, et que ce qui change ce sont les ressources matérielles, les intrants que l’on utilise pour la soigner. Cela m’a aussi fait penser que la biodynamie, dans sa grande sagesse, s’efforce de maintenir tout le positif des traditions et fait en sorte d’éviter d’abîmer et de détruire ce processus vivant qui est celui de l’évolution de la vigne.

Mais le vin n’est qu’un produit particulier dans l’alimentation humaine, une production culturelle dont on pourrait se passer. Il n’est certes pas fondamental à l’alimentation humaine, mais il y trouve sa place. L’ensemble des questions que nous pose l’accompagnement de la vigne, la production du vin, peut être repris et développé à propos de l’alimentation en général (céréales bien sûr, mais aussi les arbres fruitiers, l’élevage, etc.). L’ensemble de notre production alimentaire est aujourd’hui menacé par les intrants chimiques, par l’oubli de tous ces savoirs ancestraux qui nous permettent de réguler les accompagnements du vivant, végétal ou animal, et d’en recueillir les fruits les plus extraordinaires.

Tout cela nous a conduit au film, nous avons noué ensemble tous ces désirs, toutes ces pensées pour produire le film L’ESPRIT DU VIN – Le réveil des terroirs.

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